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Roland jaccard

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Boris Groys dans " Le post-scripum communiste " dit un truc assez pertinent, mais qu’en général on préfère esquiver, à savoir qu’il y a une étonnante homogénéité du discours critique occidental qui ne change jamais sa constitution, mais seulement de temps en temps son orientation.
Cette homogénéité est due en très large partie au fait que le discours critique, en Occident, circule avant tout comme une marchandise sur le marché des média. Il s’agit d’un discours sophistique standardisé que l’on peut utiliser à l’envi pour n’importe quelle stratégie politique. Dans quelle société, en effet, le corps n’est-il pas réprimé? L’homme n’est-il pas traumatisé? Le sujet n’est-il pas la proie de désirs contradictoires? L’humain n’est-il pas menacé par la machine et l’humanité par la crise? La réponse est : aucune. Il s’agit donc d’une critique dotée d’un potentiel de vente infini.
Boris Groys a tout pigé. Je devrais le citer plus souvent.
© 2012 Roland JACCARD.
DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU À MICHEL LEIRIS
1. JEAN-JACQUES ROUSSEAU ET LES TEA PARTIES
Consulter la presse donne un vernis de culture, ce qui est encore préférable à une absence de culture. Ainsi, j’apprends ce 12 mars 2012 la naissance d’un de mes compatriotes : Jean-Jacques Rousseau. Trois cents ans déjà qu’il poursuit inlassablement son chemin entre " Confessions " et " Contrat social ". Le Rousseau que je préfère est celui des " Rêveries du promeneur solitaire ".
Il serait très étonné d’apprendre qu’aujourd’hui aux Eats-Unis il est beaucoup plus lu et étudié que ne le sont Diderot et Voltaire. Et surtout qu’il inspire le Tea Party. Benjamin Barber, spécialiste américain de Rousseau, établit un parallèle entre les critiques formulées par les adeptes du Tea Party à l’encontre de Hollywood et de Madison Avenue et celles que formulait Rousseau dans sa " Lettre à d’Alembert " à propos du théâtre qui corrompait en son temps la république calviniste.
Toujours selon Benjamin Barber, à l’instar du Tea Party qui fustige les élites, Rousseau dénonçait la haute culture comme une forme de corruption. " Les partisans du Tea Party, poursuit Benjamin Barber, sont très critiques face à la concentration du pouvoir, ainsi que des grandes agglomérations comme New York ou Los Angeles. Ce qu’ils déclarent à ce sujet, c’est ce que disait Rousseau au sujet de Paris ou de Londres. "
Quant aux progrès technologiques qui permettent de voir des films toutes la journée ou de rester branchés sur l’actualité, Rousseau rétorquerait qu’il ne voit là qu’une forme de séduction du diable.
Non aux divertissements, oui à la rêverie. À ce propos, vous souvenez-vous de la première phrase des " Rêveries du promeneur solitaire " et y en a-t-il de plus belles : " Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même. "
Cette nouvelle jeunesse de Rousseau est saluée comme il se doit dans " Le Temps ", quotidien genevois qui, comme Rousseau, pense que la démocratie ne peut fonctionner qu’avec des citoyens éduqués et que c’est sans doute une des raisons pour lesquelles elle connaît de tels ratés en France.
2. DE LA LITTÉRATURE CONSIDÉRÉE COMME UNE TAUROMACHIE.
De Rousseau à Michel Leiris, il n’y a qu’un pas et nombreux sont ceux qui l’ont franchi en découvrant : " L’Âge d’homme " autour de leur vingtième année. Inutile de préciser que ce fut mon cas.
Michel Leiris, ethnologue et écrivain, avait trente-quatre ans lorsqu’il entreprit de faire le portrait le plus ressemblant du personnage qu’il était alors, escomptant que la lucidité exemplaire dont il saurait faire preuve compenserait sa médiocrité en tant que modèle. Nous fûmes nombreux à l’imiter : après tout, chacun a besoin d’être absous. Et il n’y a rien de tel que les confessions, surtout si elles respectent la règle de dire toute la vérité et rien que la vérité, pour y parvenir. Mieux encore, maintenant que la littérature est moins vue sous l’angle de la création que sous celui de l’expression – la seule question qui intéresse encore : quel monstre se cache derrière l’œuvre ? – tout nous incitait à nous lancer dans cette entreprise improbable. Si ce n’est pas pour parler de soi, à quoi bon écrire ? Enfin, comment ne pas éprouver un sentiment de complicité avec Michel Leiris quand il notait : " Le peu de livres que j’ai publiés ne m’a valu aucune notoriété. Je ne m’en plains pas, non plus que je ne m’en vante, ayant une même horreur du genre écrivain à succès que du genre poète méconnu " ?
Ce qui m’avait le plus enchanté dans ma lecture de " L’Âge d’homme ", c’est dès les premières pages d’apprendre le dégoût que porte l’auteur aux femmes enceintes et sa franche répugnance à l’égard des nouveaux-nés. Sans doute aurait-il répondu oui à la question que se posent aujourd’hui les chercheurs en bio-éthique : a-t-on le droit de tuer un nouveau-né ? Je signale en passant que la légalisation de l’infanticide existe déjà en Hollande. J’avais comme Michel Leiris – et j’ai toujours même si l’occasion m’en est moins souvent donnée – l’impossibilité de faire l’amour si, accomplissant cet acte, je le considérais autrement que comme stérile et sans rien de commun avec la fécondité.
À la fin de sa vie, Michel Leiris avait poursuivi cet art de la littérature considérée comme une tauromachie sous forme d’aphorismes dans un petit livre méconnu : " Images de marque " (éd. Le temps qu’il fait). Sans la moindre complaisance et avec une ironie impitoyable, il se définissait comme " un enquiquineur qui se prend pour un monstre sacré. " Ou comme un conquérant qui n’a pour territoire que le désert. Il disait volontiers de lui qu’il était un suicidaire que seule sa crainte vertigineuse de la mort incitait et retenait. Un aveu qui me touche d’autant plus que je suis dans le même cas de figure,
LE CORPS INVINCIBLE À L’ÈRE DU VIAGRA
Autre aveu de Michel Leiris, d’autant plus troublant qu’il n’a pas dépassé la quarantaine quand il écrit ceci : " J’ai depuis longtemps tendance à me tenir pour quasi impuissant. Il y a beau temps, en tout cas, que je ne considère plus l’acte amoureux comme une chose simple, mais comme un événement relativement exceptionnel, nécessitant certaines dispositions intérieures ou particulièrement tragiques ou particulièrement heureuses, très différentes, dans l’une comme l’autre alternative, de ce que je dois regarder comme mes dispositions moyennes. "
Évidemment à l’ère du Viagra, ce genre de propos sonne étrangement : la sexualité qui impliquait auparavant une part de trouble et d’incertitude, est perçue différemment. Non plus comme une liberté ou comme une agonie, mais comme appartenant à un corps inédit dans l’histoire de l’humanité, un corps qui se vit et se sent invincible. Le premier philosophe à s’être penché sur cette métamorphose n’est autre que Robert Redeker dans son étude sur : " Le mirage immortaliste du Viagra " parue dans le numéro 2 de l’excellente revue Kitej. À ceux qui, comme moi, l’ignorent, je rappelle que Kitej est une ville russe proche de Nijni Novgorod accessible uniquement à celles et à ceux qui sont purs de corps et d’esprit, ce qui m’interdit à tout jamais de découvrir cette Atlantide russe.
Robert Redeker observe une étrange similitude entre le corps du temps du Viagra, le cinéma pornographique, la publicité et le sport-spectacle. Il n’est pas loin de penser que la sexualité assistée pas le Viagra est le tombeau de l’âme et du moi. " L’utopie adhérente au Viagra et à la nouvelle cosmétique féminine, écrit-il, est celle d’une immortalité immanente et non pas transcendante, comme l’est la vie éternelle décrite par saint Augustin au dernier livre de " La Cité de Dieu ". C’est une immortalité obtenue par l’industrie, non par l’effort spirituel. " Saint Augustin, Rousseau, Leiris qu’auraient-ils pensé de cette mutation de l’homme en Egobody ? Le seul écrivain, à ma connaissance, à avoir vécu et retransmis littérairement cette métamorphose n’est autre que mon ami Sergc Doubrovsky. Avec l’Egobody débute l’ère de l’autofiction. Voilà qui laisserait Michel Leiris perplexe et le conforterait dans sa certitude d’être un antédiluvien déboussolé qui ne se berce plus qu’au son des musiques que son passé lui fait entendre. Le temps de la rêverie s’achèverait-il ?
© 2012 Roland JACCARD.

La Collection de l’art brut à Lausanne, sous l’impulsion de mon ami Michel Thévoz, a pris date en exposant les Vivian Girls, ces nymphettes au charme belliqueux et à l’androgynie troublante qui se rebellent contre les forces du Mal… ou, plus précisément, contre l’ordre imposé par les adultes.
Les aventures des Vivian Girls ont été relatées par Henry Darger dans douze volumes géants comportant près de vingt mille pages. Ce manuscrit fut découvert à sa mort, en 1973, et depuis, John Mac Gregor, auteur de la somme : " Discovery of the Art of the Insane ", travaille à sa transcription, ainsi qu’à un ouvrage sur Henry Darger.
Personne ne sait où est né Darger. Peut-être au Brésil. Peut-être en Allemagne. D’orphelinats en hôpitaux, il aboutira à Chicago où il faisait les poubelles, accumulant chez lui des montagnes de déchets et assistant régulièrement à la messe, seule activité sociale pour cet homme solitaire et mutique, vêtu comme un clochard. Il gagnait sa vie en vidant les ordures d’un hôpital catholique. Et il occupait son temps en découpant et en décalquant les magazines pour enfants, notamment la très populaire bande dessinée Litlle Annie Ronnie.
C’est avec des figures prélevées dans l’imagerie populaire, dans la culture des pauvres, qu’il constitue sa mythologie personnelle. Darger se livre à un détournement pervers d’une imagerie lénifiante, édifiante et idyllique.C’est Sade dans la nursery pour le contenu et, sur le plan formel, l’opposé de Balthus. Darger ne dessine pas les Vivian Girls, il les découpe, les décalque,
les fait photographier et agrandir ou réduire au drugstore de son quartier, puis met en scène dans des paysages paradisiaques aux harmonies subtiles une dramaturgie de la révolte. À cette fin, les Vivian Girls sont toutes affublées d’un minuscule pénis.
Inutile de préciser que, comme le journal d’Amiel émergeant longtemps après sa mort, l’œuvre de Henry Darger est gravée dans ma mémoire. Elle a pour principale valeur de n’en avoir visé aucune, hormis celle de signifier la déroutante obsession d’un clochard céleste, d’un anarchiste qui rêvait dans les églises à l’enfance qui lui avait été volée et qui sur son tas de fumier cultivait les fleurs les plus vénéneuses.
© 2012 Roland JACCARD.
Seules les personnes superficielles ne jugent pas sur les apparences.
Il y a un charme silencieux à continuer à vivre quand chaque jour emporte son lot de victimes.
Tout ce que je voudrais de toi est si peu dans le fond parce que dans le fond, c’est tout.
La folie consiste à faire et à refaire les mêmes choses en s’attendant à des résultats différents.
Dans le meilleur des cas, on obtient tout quand on ne peut plus jouir de rien.
Seul ce que l’on invente est vrai.
Il y a des éclairs qui obscurcissent tout : c’est le cas de l’amour.
L’immense supériorité des nihilistes sur les idéalistes, c’est qu’ils ont d’emblée compris que tout est foutu. Pas le moindre désir de s’illusionner chez eux ou d’embrasser une cause. Ceux qui s’engagent, en revanche, leur apparaissent soit comme des crétins ou des possédés. Dans le meilleur des cas comme des pénitents torturés par un désir d’expiation.
Ce conseil de Pouchkine que j’ai suivi depuis mon adolescence : " Il faut toujours avoir plusieurs partenaires pour pouvoir demeurer indifférent au cas où l’on viendrait à en perdre un. " Cette indifférence – celle du stoïcien face à sa propre mort – est en amour notre unique atout. Le sentiment le plus fort, le plus généreux, ne peut s’épanouir s’il ne plonge ses racines dans un égoïsme abyssal.
© 2012 Roland JACCARD.
Le lit est le tombeau de l’amour… et le mariage une concession perpétuelle.
- Julien Green
Que Dieu préfère les imbéciles, c’est un bruit que les imbéciles font courir depuis dix-neuf siècles,
- François Mauriac
Si l’on ne voyait que les gens que l’on estime, on ne verrait personne.
- Crébillon fils
© 2012 Roland JACCARD.
Maintenant qu’il s’en va, je peux le dire : j’ai aimé Sarko. La meilleure raison, c’est qu’il était l’homme le plus exécré de France, ce qui n’est pas à la portée du tout venant. Il aurait pu jouer dans une série américaine le rôle du flic véreux. Les politiciens maîtrisent à la perfection l’art de tricher tout en ayant l’air honnête. Sarko, lui, ne dissimulait pas. Ni sa mégalomanie, ni ses tics, ni ses fautes de français. Jésus avait voulu sauver le monde. Lui, tout au moins le croyait-il, il avait sauvé la zone Euro. Était-ce une noble ambition ou une idiotie ? Nul ne peut répondre à cette question, mais tout le monde reconnaîtra qu’il a mis une énergie incroyable dans ce combat à l’issue encore incertaine.
J’aimais aussi son côté voyou, bad boy. Il a séduit Carla, mais aussi Angela et même Obama. Il s’est lancé dans des guerres stupides qui ne pouvaient que se retourner contre lui, comme tout ce qu’il faisait d’ailleurs. C’était sa forme d’héroïsme. Il a tout dit et son contraire. Mais, après tout, il n’était pas innocent au point de ne pas savoir qu’un chef d’État n’est qu’un acteur auquel l’actualité chaque jour propose un nouveau texte pour tenir en haleine un public capricieux. À la fin de son quinquennat, il était arrivé à la conclusion que quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, il entrerait dans l’Histoire comme " l’homme le plus haï de France ". Voilà qui ne risque pas d’arriver à son successeur : avec lui s’ouvre l’ère de la tiédeur et du flou. Je préférais celle du swing et de la coke.

© 2012 Roland JACCARD.
Xavier de Maistre dans son " Expédition autour de ma chambre " ( 1825 ) – un régal – propose un Système du Monde. Le voici : " Je crois donc que l’espace étant infini, la création l’est aussi, et que Dieu a créé dans son éternité une infinité de monde dans l’immensité de l’espace. "
Aussitôt après, Xavier de Maistre note qu’il ne comprend guère mieux son système que tous ceux éclos de l’imagination des philosophes jusqu’à présent, mais qu’il lui trouve au moins l’avantage précieux de tenir en quatre lignes, " tout énorme qu’il soit ". Voilà une forme d’humour que ne désavouerait pas l’ami Clément Rosset.
Je n’ai d’ailleurs jamais rencontré personne, sauf dans les hôpitaux psychiatriques, qui ait lu une somme philosophique de bout en bout. Il a fallu des années pour qu’un lecteur, sans doute un malade mental, découvre que la pagination de " La critique de de la raison dialectique " ėtait fautive.
© 2012 Roland JACCARD.
Ce parfait exemple d’humour anglais : une femme exécrant Churchill lui dit : " Si j’étais votre épouse, je mettrais de l’arsenic dans votre café. " " Madame," répond Churchill, " si j’étais votre mari, je le boirais. "

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Le très estimable quotidien " Le Monde " a jugé bon de donner la parole, avant le dernier tour de l’élection présidentielle, à l’immense philosophe Alain Badiou. Ce dernier, accablé par l’importance du vote pour Marine Le Pen et par la droitisation de la politique en France, s’est posé la question qui tue : " D’où vient le score de l’extrême droite sinon de trente ans de discours sécuritaires sans vergogne à droite et à gauche? " Ls réponse est dans la question, mais elle demande à être explicités : d’où le titre de l’article affolant dans un journal de gauche s’adressant prioritairement à une bourgeoisie cultivée : Le Racisme des Intellectuels.
Vous avez bien lu : depuis trente ans, subrepticement, les intellectuels de droite, mais aussi de gauche, auraient " inventé la violence antipopulaire " , singulièrement dirigée contre les jeunes des cités et l’Islam. Seul Alain Badiou a résisté. Il ne souffre plus de vivre dans un état de non-droit et ne se fait aucune illusion sur l’avenir : avec la gauche au pouvoir, il prévoit le pire. Est-ce à dire qu’il regrette la révolution culturelle de Mao ou les khmer rouges ? Avec l’âge, la nostalgie l’emporte souvent sur la lucidité.
Ce qui est troublant, c’est que les intellectuels qu’il dénonce sont souvent "des professeurs de philosophie ". Certains, sans doute, qui ont jugé qu’il y avait trop de noirs ou d’arabes dans nos équipes de football, mériteraient, à ses yeux, une double peine : pour avoir désenchanté la gauche révolutionnaire et tenu la main d’André Breivik pendant qu’il massacrait des jeunes socialistes norvégiens. Badiou, par prudence, ne cite aucun nom : il a raison d’ailleurs. Ils figurent tous au sommaire de " Causeur " … les plus immondes tout au moins. Mais il serait temps que " Le Monde ", également, se livre à un salutaire exercice d’auto-critique. Nommer Alain Badiou à la tête de la rédaction serait la moindre des choses. Avec Nelly Kaprielan aux " Inrocks ", les intellectuels n’auraient plus qu’à bien se tenir.
Mais un détail, si j’ose dire, a échappé à Alain Badiou dans sa philippique contre les intellectuels : c’est que l’extrême-droite a changé, sinon de nature, du moins de sexe. Paradoxalement, elle marque une victoire du féminisme. Que ce soit aux États-Unis, avec Sarah Palin et Michelle Bachmann, en Norvège avec Siv Jensen, en Hongrie avec Krisztina Mirvai, au Danemark avec Pia Kjaersgaard et j’en passe, l’extrême-droite martiale avec ses bruits de botte et ses croix de guerre s’est métamorphosée en un extrême-centre plus préoccupé par la sécurité des enfants et le " care " cher à Martine Aubry que par la volonté d’en découdre avec l’étranger. Ce populisme en escarpins ou en talons aiguilles serait-il également porté par les intellectuels machiavéliques qu’Alain Badiou se plaît à débusquer partout? Dans sa logique paranoïaque, c’est probable. Dans la réalité politique, on assiste, aux Etats-Unis comme en Europe, à une recomposition de ce qu’on nommait autrefois la droite et la gauche : d’un côté, les républicains avec à leur droite les équivalents européens des tea parties, de l’autre les démocrates avec à leur gauche les survivants du communisme. Le cordon sanitaire qui empêchait l’extrême – droite d’accéder au pouvoir a sauté. Non par la faute d’intellectuels inconscients ou criminels, mais parce que la société s’est féminisée, donnant ainsi aux femmes l’occasion d’accéder au pouvoir avec un imaginaire politique et des idéaux qui n’ont plus rien de commun avec ceux que la génération des pères, fussent-ils fascistes ou communistes, portaient en eux.
© 2012 Roland JACCARD.