Archive for juillet, 2010

RETOUR DE TOKYO

Posted: 24th juillet 2010 by RJ in Carnet

Je n’avais pas l’intention de vivre au-delà de quarante ans. Je pensais que mon existence ne serait plus qu’un éternel ressassement. Je voyais les années défiler, identiques à ce qu’elles avaient été, mais de plus en plus ternes. Je suis incapable de dire, trente ans plus tard, si j’avais tort ou raison.
Pour passer le cap [...]

L’HOMME DE PERSONNE

Posted: 23rd juillet 2010 by RJ in Carnet

J’ai longtemps vécu avec l’obsession de la différence d’âge. Adolescent, je m’étonnais que mon père, alors sexagénaire, ne quitte pas ma mère, pourtant de vingt ans plus jeune que lui, pour vivre avec Brigitte Bardot qui m’avait tant troublé dans Manina, la fille sans voile.
Plus tard, dès que je croisais des fillettes un peu délurées, [...]

LA DERNIÈRE DICTÉE DE MON PÈRE

Posted: 22nd juillet 2010 by RJ in Carnet

Mon père estimait qu’en sachant lire et écrire je ne rencontrerais aucun problème dans l’existence car, m’expliquait-il, très rares sont ceux qui savent réellement lire et écrire. Il m’incitait donc à tenir mon journal intime et, une fois par semaine, la dictée s’inscrivait dans le rituel de nos relations.
À quinze ans, cet exercice hebdomadaire prit [...]

POURQUOI LES RAVIOLIS CHINOIS ME DÉGOÛTENT

Posted: 20th juillet 2010 by RJ in Carnet

Comment traiter de politique à travers des scénarios de films d’horreur ? Un Chinois, Fruit Chan (le réalisateur de Made in Hong Kong), un Coréen, Park Chan-Wook (l’auteur de Old Boy) et un Japonais, Takashi Milke (L’Audition), sont parvenus avec leur style respectif et en respectant à la lettre les règles des films d’épouvante, à [...]

GEORGE PEREC ET LES VOYAGES

Posted: 17th juillet 2010 by RJ in Carnet

Rien n’est plus plaisant ni plus rare que de lire sous la plume d’un écrivain que telle phrase de son livre est la plus belle. C’est ce que fait George Perec à la cinquante-neuvième page de son livre Espèces d’espaces après avoir utilisé l’adjectif « nychtéméral » qui a dû lui monter à la tête [...]

LES TRIBULATIONS DE MARCEL CONCHE

Posted: 11th juillet 2010 by RJ in Carnet

Quand j’ai appris à Nicolas Grimaldi que Marcel Conche quittait, à près de quatre-vingt-dix ans, sa maison de Treffort pour la Corse et une belle Eurasienne, il s’est exclamé, admiratif : « Mais c’est comme s’il s’engageait dans la Légion ! »
Emilie, la belle Eurasienne, décidera du jour de la mort de Marcel. Elle a [...]